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Odyssée II

H 24 x 24 x 10 cm

2025

 

L’héritage, de la mémoire et de la transformation des images à travers le temps, est le propos. La photographie, autrefois trace matérielle et intime, a profondément évolué avec la technologie. Elle est devenue à la fois omniprésente et fragile, démultipliée mais menacée d’effacement. Les images constituent les fragments visibles de notre odyssée collective.

 

Lorsque les êtres disparaissent, leur mémoire s’efface peu à peu avec eux. Nous héritons alors de visages, de gestes, d’instants qui composent notre histoire sans que nous en connaissions toujours les contours. Ces photographies deviennent les témoins silencieux d’inconnus familiers. Il subsiste un attachement à ces morceaux de papier — ou à leurs équivalents numériques — même lorsque plus personne ne peut en nommer les figures. Un lien invisible persiste, fragile mais essentiel.

 

Le voile, dans cette démarche, évoque la fragilité de la mémoire et la délicatesse de sa transmission. Il suggère ce qui se révèle autant que ce qui se dissimule, cette frontière ténue entre présence et disparition.

La stratification traduit la superposition du temps. L’identité s’y construit par couches successives, comme une sédimentation d’expériences, de récits et d’images. Chaque couche recouvre sans effacer totalement la précédente.

Enfin, la décomposition des images exprime la perte et l’effacement progressif du souvenir. Mais elle révèle aussi une transformation : la mémoire ne disparaît pas, elle se reconfigure. Elle devient une matière plastique, vivante, mouvante — en perpétuelle métamorphose.

 

Ce travail invite à interroger sa propre relation aux images, à ce qu’il choisit de conserver, de transmettre, et à la manière dont nos traces visuelles façonnent notre mémoire collective.

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